Jornada J. Laplanche en París

journee_jean_laplanche“Jean Laplanche o la prioridad del otro”

 Association Psychanalytique de France

De Vie et mort en psychanalyse à Sexual, la sexualité élargie au sens freudien, toute l’œuvre de Jean Laplanche ne cesse d’interroger l’expérience fondatrice de la vie psychique humaine et instauratrice de la situation psychanalytique : le primat de l’autre, celui de l’adulte sur l’enfant dans la relation originaire, et celui de l’autre interne qu’est l’inconscient sexuel. « Là où il y a du ça, il y aura toujours et encore de l’autre ».

Son œuvre, née dans la confrontation avec Lacan, s’est avant tout construite dans un dialogue exigeant avec Freud. La remontée à la source de la démarche du fondateur de la psychanalyse se veut, chez Jean Laplanche, dé-liante, c’est-à-dire, provocatrice de renouvellement et de réouverture des questions primordiales : ainsi, très tôt dans son œuvre, le narcissisme et la pulsion de mort qu’il redéfinit en pulsion sexuelle de mort ; puis, à partir d’un questionnement sur l’abandon par Freud de la théorie de la séduction, la théorie de la séduction généralisée devient le pôle central de son œœuvre avec la notion de messages compromis, infiltrés par l’inconscient sexuel des parents, adressés à l’enfant. Jean Laplanche décrit l’asymétrie de la situation anthropologique fondamentale, entre l’adulte et l’enfant qui n’a de cesse de traduire ce qu’il reçoit comme message. Une situation d’autant plus centrale qu’elle se trouve réouverte dans le dispositif analytique : « La cure ne peut être fondatrice que si elle réitère une situation originaire : la situation de séduction ».

La double altérité — de l’autre parental et de l’autre en soi — place au cœur de la pensée de Jean Laplanche deux problématiques tout aussi solidaires : la séduction et la traduction. Remettre sur le métier le modèle traductif du travail psychique qu’il propose conduit à considérer le travail de l’infatigable traducteur de l’oeuvre freudienne qu’il fut et à questionner la résonance, mais aussi l’écart qu’il y a entre le modèle traductif de la psyché et l’activité du traducteur avec ses principes de traduction.

Le primat de l’autre,Jean Laplanche n’a cessé d’en interroger l’incidence dans de nouveaux domaines dont il renouvelle l’exploration. Jusque dans ses derniers travaux, il a fait preuve d’une audace théorique exceptionnelle. Il a ainsi montré comment la théorie des messages énigmatiques pouvait éclairer la question du genre : ce faisant, il a introduit cette notion dans la psychanalyse freudienne, au prix d’une approche radicale qui s’est développée dans un dialogue avec les théoriciens du genre.

Ces domaines, parmi tous ceux qu’il a abordé, seront interrogés durant cette journée qui propose un double dialogue : un dialogue qui pourra être critique avec les propositions de Jean Laplanche et un dialogue entre les intervenants, venus d’horizons divers de la psychanalyse. À l’instar de cette exigence qui dicte le mouvement de pensée de Jean Laplanche, « Faire travailler Freud », le meilleur hommage est de mettre son œuvre au travail.

 

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